Photo de Gabriel Heinzer sur Unsplash
Tu sais quoi ? La première fois que j’ai monté un serveur, j’étais exactement comme Sméagol quand il découvre l’Anneau : complètement hypnotisé par les pouvoirs du compte root.
“Mon précieuuux… je peux tout faire…”
Sauf que, comme dans Le Seigneur des Anneaux, dès que tu laisses traîner ton Anneau (ou ton accès root) un peu trop longtemps, y’a toujours une créature mal intentionnée qui rêve de te le voler. Et une fois qu’un bot met la main dessus… c’est Gollum time pour ton serveur
Aujourd’hui, je t’embarque pour un petit rituel essentiel du self‑hosting : créer un utilisateur propre, isolé, sécurisé, qui va remplacer root dans ton quotidien.
Prérequis
Avant de mettre les mains dans le cambouis, il te faut :
Un serveur Linux fraîchement installé (Debian/Ubuntu de préférence) Un accès root. Un clavier, un cerveau, et un peu de café ☕ L’envie de ne pas te faire démonter par un bot à 3 h du matin
Étape 1 : Se connecter en root
Connecte‑toi en root sur ton serveur (SSH ou console). C’est la seule fois où c’est autorisé. Après, on coupe le cordon.
Étape 2 : Créer un nouvel utilisateur
On crée l’utilisateur midiland :
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L’option -m crée automatiquement le dossier /home/midiland.
L’option -s permet de specifer quelle shell tu veux utiliser
Étape 3 : Ajouter un mot de passe
On donne un mot de passe à l’utilisateur :
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Tu tapes, tu confirmes, et bim, c’est joué.
Étape 4 : Vérifier l’état du mot de passe
Tu veux savoir ce que Linux pense de ton compte ? Fais un petit check :
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Tu obtiendras un résultat du genre :
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Voici la traduction en langage humain :
midiland : nom de l’utilisateur P : mot de passe actif (L = verrouillé, NP = aucun mot de passe) 2025-12-22 : dernière modification du mot de passe 0 : âge minimum avant changement (0 = tu peux changer direct) 99999 : âge maximum (autrement dit : très long) 7 : nombre de jours d’avertissement avant expiration -1 : verrouillage après expiration (−1 = jamais)
Étape 5 : Donner les droits sudo
Sans sudo, ton utilisateur ne peut rien administrer. On le promeut donc :
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Le -aG ajoute simplement l’utilisateur au groupe sudo.
Étape 6 : Tester le tout
On bascule sur le nouvel utilisateur :
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Et on vérifie que sudo fonctionne :
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Si tu vois root, c’est gagné.
Dépannage
“sudo: command not found”
→ Tu n’as pas installé sudo. Reviens à l’étape 5. ➤ “midiland is not in the sudoers file”
→ L’ajout au groupe sudo n’a pas été pris en compte. Déconnecte‑toi et reconnecte‑toi, ou vérifie avec :
groups midiland
➤ “Permission denied” alors que tout semble bon
→ Ton shell n’a peut‑être pas été initialisé correctement. Refais :
su - midiland
(le - est très important)
Conclusion
Félicitations c’est un permier pas pour toi dans le monde merveilleux du self-hosting tu as un utilisateur propre, isolé, sécurisé, qui remplace root pour le quotidien.
Envie de faire la suite ? Prochain épisode : Comment sécuriser une connexion SSH ou tu peux retourner au menu Configuration d’un serveur exposer sur internet
